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Écrire une procédure que vos équipes vont vraiment lire

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Écrire une procédure que vos équipes vont vraiment lire

Dans beaucoup de PME, un processus critique tient dans la tête d’une seule personne. Tant qu’elle est là, tout va bien. Le jour de son départ en congés — ou de son départ tout court — l’entreprise découvre ce qu’elle ignorait savoir faire.

La réponse habituelle est de « tout documenter ». Elle produit en général un classeur de quatre-vingts pages que personne n’ouvre. Le problème n’est pas l’idée, c’est le format.

Une procédure utile tient sur une page

Le critère est simple : une procédure doit permettre à quelqu’un qui ne connaît pas la tâche de la réaliser correctement. Si elle demande vingt minutes de lecture, elle sera contournée.

Ce qui doit y figurer :

  • Le déclencheur : à quel moment on applique cette procédure ;
  • Les étapes, numérotées, une action par ligne, à l’infinitif ou à l’impératif (« Vérifier que… », « Envoyer… ») ;
  • Qui fait quoi, quand plusieurs personnes interviennent ;
  • Les cas particuliers, regroupés en fin de document — pas dispersés dans le fil ;
  • Un contact en cas de blocage.

Ce qui ne doit pas y figurer : l’historique du service, la justification de chaque règle, les copies d’écran d’une version d’outil qui aura changé dans six mois.

Faites-la écrire par celui qui fait

C’est contre-intuitif, mais l’encadrement rédige souvent la procédure telle qu’elle devrait se dérouler, pas telle qu’elle se déroule. Or l’écart entre les deux est justement l’information intéressante.

Une méthode qui marche : la personne exécute la tâche pendant qu’un collègue prend des notes. Le collègue étant novice, il pose les questions que l’expert ne se pose plus — c’est là que sortent les tours de main non écrits.

Le test du nouvel arrivant

Une procédure ne se valide pas en relecture, mais à l’usage : donnez-la à quelqu’un qui ne fait pas la tâche et regardez-le faire sans intervenir. Chaque fois qu’il hésite, il manque une information. C’est le seul test qui compte, et il prend une demi-heure.

Standardiser d’abord, automatiser ensuite

L’ordre a son importance. Automatiser un processus flou revient à figer le désordre dans un outil, en plus cher et en moins souple. Écrire le mode opératoire fait apparaître les étapes inutiles, les doubles contrôles et les allers-retours : bien souvent, une partie du gain est obtenue avant d’avoir touché à un logiciel.

Une fois le processus stabilisé et écrit, il devient un bon candidat à l’automatisation ou à un outil low-code.

Pour aller plus loin sur la méthode, voyez par où commencer.

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